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«Je n’ai aucun regret»

Si Thomas Lüthi aura encore bien besoin de ses combinaisons l’année prochaine, ce sera pour son plaisir de retraité des circuits. © Keystone
Si Thomas Lüthi aura encore bien besoin de ses combinaisons l’année prochaine, ce sera pour son plaisir de retraité des circuits. © Keystone
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20.08.2021

Près de vingt ans après ses débuts en championnat du monde, Thomas Lüthi va prendre sa retraite

Valentin Oetterli

Motocyclisme » Thomas Lüthi mettra un terme à sa carrière à la fin de la saison. Le Bernois, qui aura 35 ans en septembre, l’a annoncé hier, alors qu’il connaît une année difficile en Moto2. Actuel 23e du championnat du monde avec un seul «top 10» après onze courses, l’Emmentalois disputera son dernier Grand Prix le 14 novembre à Valence.

Il posera ainsi son guidon près de 20 ans après ses débuts en 125 cm3, en juillet 2002 au Sachsenring. Deux courses plus tard, à Estoril, il marquait déjà ses premiers points, avant de remporter le titre mondial de la catégorie en 2005. Il devenait alors le premier Suisse champion du monde moto après Stefan Dörflinger en 1985. Une ascension qui lui a valu d’être élu sportif suisse de l’année

Vous avez annoncé votre retraite quatre jours après avoir signé votre meilleur résultat de la saison. Qu’est-ce qui a motivé votre choix?

Thomas Lüthi: La décision de la retraite et le résultat de Spielberg n’ont pas directement un lien. Beaucoup de facteurs m’ont mené à faire ce choix. Cela n’a pas été décidé de manière spontanée. Il y a eu une longue réflexion.

Pouvez-vous développer un peu?

La question de mon avenir a joué un grand rôle. Typiquement de savoir quel pourrait être mon travail une fois ma carrière terminée. Et c’est là qu’une petite porte s’est ouverte pour moi au bon moment.

«Une petite porte s’est ouverte pour moi au bon moment.»
Thomas Lüthi

Je vais reprendre dès maintenant le management de l’espoir suisse Noah Dettwiler. J’espère que nous pourrons maintenir la scène moto suisse en vie avec lui. Ce serait extrêmement regrettable si celle-ci devait disparaître. Parallèlement, je deviendrai dès la fin de la saison directeur sportif du team Prüstel GP en Moto3.

Que comprendra votre cahier des charges au sein de cette équipe?

Il y aura le choix des pilotes, leur accompagnement durant la saison, et toute l’organisation du domaine sportif. Mon expérience accumulée durant les vingt dernières années sera un atout, et j’espère pouvoir en profiter avec succès. Quelques points sont encore ouverts. L’objectif sera que cette collaboration fonctionne sur la durée.

Si on fait le bilan, quel est votre meilleur souvenir?

Il y a naturellement le titre mondial de 2005. Il a mis beaucoup de choses en marche et m’a aidé à prolonger ma carrière aussi longtemps.

Et sinon? Entre votre premier et dernier podium en Grand Prix, plus de seize ans se sont écoulés…

C’est vrai, beaucoup de choses se sont passées et il y a eu beaucoup de moments forts. J’en retiens deux: même sans résultat, j’ai pu réaliser un rêve en roulant une saison en MotoGP. Piloter cette moto a été une expérience grandiose. L’autre, ce sont toutes mes saisons en Moto2.

Des regrets?

Des regrets, des regrets? (il réfléchit). Il y a évidemment l’une ou l’autre chose où nous n’avons pas fait juste au bon moment. Une a par exemple été d’attendre un an après le titre pour monter en 250 cm3. Mais en fait, je ne regrette rien après une telle carrière.

«Mais en fait, je ne regrette rien après une telle carrière.»
Thomas Lüthi

Ressentez-vous des douleurs en vous levant le matin?

Non, rien du tout, ce qui est déjà un succès après une aussi longue période dans ce sport. Bon, j’ai quelques cicatrices, mais c’est inévitable. Une conséquence des chutes et des blessures.

Quel bilan final tirez-vous de votre carrière?

Je suis en paix avec moi-même. Pour un pilote moto suisse, je n’ai pas eu une mauvaise carrière. Mon nom a acquis une certaine valeur, j’ai notamment remarqué cela au moment d’esquisser mon avenir professionnel. Cela me fait plaisir et j’espère que cela restera ainsi. ATS

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