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Petites histoires entre amis

Petites histoires entre amis © La Liberté-archives
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28.09.2020

Dans les gradins, Gottéron compte de nombreux fidèles qui ont connu les Augustins, déménagé sur le site de Saint-Léonard et sont toujours là. Plusieurs anciens abonnés racontent.

Patricia Morand

Qui détient un abonnement à Gottéron depuis le plus longtemps? L’administration du club n’a pas été en mesure de répondre. De nombreux coups de fil et des rencontres à la patinoire ou ailleurs ont permis de recueillir quelques témoignages. Même si certains ayant connu les Augustins ont renoncé à leurs sésames au cours de ces dernières saisons notamment pour des raisons d’âge, il en existe encore prêts à découvrir le nouvel antre après avoir connu le chaudron de la Basse.


Les Augustins en 1949. © BCU Fribourg

Roland Mauron a 72 ans. «Je viens de la Basse, de la Neuveville. Je devais avoir 14 ans lorsque j’ai vu mon premier match de Gottéron. J’ai toujours eu un abonnement debout avec mon frère. Après sa mort, voici cinq ans, j’ai opté pour une place assise. J’ai bénéficié d’un coup de pouce, car ce n’était pas évident à obtenir. Je ne loupe pas un match. J’étais même présent après la relégation en première ligue (1976, ndlr). J’ai même manqué des soupers de fin d’année pour Gottéron, incontournable.»

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Le nombre d’années de fidélité de Roland Mauron

Et de revenir sur l’atmosphère des Augustins: «Les vestiaires, sous les gradins, étaient très longs, mais étroits, pas plus de 2 m 50… S’il y avait des sacs de hockey, c’était impossible de passer. C’était pourtant des vestiaires modernes à l’époque.» Roland Mauron était évidemment présent le soir de la promotion en ligue A, le 4 mars 1980. «Lorsque les gradins en bois étaient remplis, c’était impossible de sortir pour aller au petit coin. Alors, on se tournait…»

Un moment de convivialité

L’accès aux Augustins était compliqué. «A Saint-Léonard, même si le déménagement a été mal vu, c’est tout de même plus pratique avec la proximité de l’autoroute», constate Roland Mauron. Pour lui comme pour tant d’autres, assister à un match représente un moment de convivialité. «C’est l’ambiance avec les amis qui compte. Avec une équipe de copains, on se voit une heure ou une heure trente avant le coup d’envoi pour boire un verre en ville ou près de la patinoire. Nous serons désormais derrière le but, en bas. Avec mes amis, nous avions demandé d’être proches tout en fixant un montant maximum. Nous savons où nous serons placés. On ne pouvait rêver mieux», se réjouit l’ancien footballeur du FC Central.
 

«C’est l’ambiance qui compte. Avec une équipe de copains, on se voit avant le match pour boire un verre.» 
Roland Mauron


«Fonfon» sait aussi où se trouve son siège, en hauteur. «On m’a dit que c’était une bonne place, complète-t-il. En plus, je paie moins cher.» Pas négligeable pour le retraité de 67 ans également assidu à Olympic, Elfic et au FC Fribourg. «J’ai l’abonnement à Gottéron depuis 34 ans, depuis que je suis revenu à Fribourg en 1986.» Il suivait déjà hockeyeurs et footballeurs en 1964, au début de l’adolescence, alors qu’il était à l’Institut des Buissonnets. «Gamin, j’ai regardé des matches depuis le pont de Zaehringen. Les Augustins et son public chaud, c’était l’enfer pour les équipes adverses. Et même après la construction du toit, on pouvait suivre les rencontres depuis le pont en écoutant les bruits et les clameurs.»

84 ans et toujours debout

Dans les gradins, aux Augustins ou à Saint-Léonard, «Fonfon» a multiplié les contacts. Depuis qu’il a son abonnement, il se souvient avoir manqué une seule rencontre, pour cause de maladie. «Gottéron avait perdu aux tirs au but contre Lugano (3-4, le 4 décembre 2015, ndlr). J’avais une petite radio, mais je n’avais même pas pu capter une chaîne pour écouter», regrette-t-il. «Fonfon» avait l’habitude d’aller au contact des joueurs après les rencontres. Il ne pourra plus le faire, le car de l’équipe adverse étant à l’abri entre les deux patinoires dans la nouvelle configuration. «Dommage, regrette-t-il. Ceci excepté, cette patinoire est un vrai bijou.»

«On a vécu des bons moments, mais aussi d’autres qui ont fait mal au moral.»
Jean-Paul Zendali, 75 ans

Jean-Paul Zendali a 75 ans. «Gamin, j’allais voir des matches aux Augustins, avant d’étudier à Berne», assure-t-il. Son premier abonnement, il se souvient l’avoir payé 800 francs environ. «C’était une place assise lors la première saison à Saint-Léonard (1982/1983). Des copains me conseillaient de suivre les matches à Berne car c’était moins cher. Je leur rétorquais que les joueurs n’étaient pas les mêmes! Quelques joueurs m’ont marqué: Lussier, Gagnon ou Sauvé qui était marrant avec son gros cigare. Par la suite, à l’exception de Bykov et Khomutov qui étaient au sommet, on retient moins les noms… On a vécu des bons moments, mais aussi d’autres qui ont fait mal au moral.»

A 84 ans, Günther Schumacher a toujours son abonnement debout. «Je crois avoir un abonnement depuis 1981 et je l’ai repris pour cette saison. Debout, l’ambiance est meilleure. Nous sommes une équipe de Singinois à nous retrouver dans les gradins. Comme je suis âgé, on me réserve toujours un espace. Du coup, même si j’arrive en retard, je suis bien placé.» Et de regretter aussi les bouchons pour entrer durant les travaux... Günther Schumacher a gardé ses premiers abonnements. «J’allais déjà voir les matches aux Augustins, car mes enfants et ma fille avaient commencé le hockey avec Hubert Audriaz. La patinoire, c’était notre deuxième maison.»

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