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Maintenir le lien avec son médecin

Maintenir le lien avec son médecin © Keystone
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30.03.2020

En ces temps de crise liée au Covid-19, les généralistes rappellent qu’ils restent la première référence pour leurs patients. Il s’agit d’éviter de surcharger les urgences avec des malades qui auraient trop attendu

Stéphanie Buchs

Les médecins de premier recours veulent garder la relation privilégiée qu’ils ont nouée avec leurs patients. En cette période de pandémie, ce lien est essentiel: «Nous devons rester la première référence pour nos patients», explique Jean-Luc Barbey, généraliste basé à Avry, pratiquant depuis une bonne trentaine d’années.

«Nous devons essayer d’éviter au maximum les consultations en présence qui ne sont pas indispensables, mais nos cabinets restent ouverts», complète sa collègue Eléonore Villet, travaillant dans un cabinet médical de groupe situé à la gare de Fribourg. «Nous procédons à des consultations par téléphone quand cela est possible mais, quand c’est nécessaire, nous pouvons accueillir les patients en toute sécurité.» Toutes les personnes sont donc invitées à contacter leur médecin par téléphone en cas de problème de santé.

Risque de surcharge

Les médecins rappellent que la peur d’attraper le coronavirus ne doit pas l’emporter sur le maintien des traitements nécessaires aux malades chroniques et aux contrôles qui leur sont liés. «Nous avons repoussé toutes les consultations non urgentes, comme les check-up annuels classiques», confirme Jean-Luc Barbey. Il insiste toutefois sur un élément essentiel: les malades chroniques doivent absolument conserver un suivi.

Il pense aux diabétiques, aux personnes victimes d’insuffisances cardiaques ou de maladies respiratoires. «Les dosages médicamenteux doivent parfois, suivant les cas, être ajustés de semaine en semaine.» Si ce genre de patients perd le contact avec son médecin, les situations peuvent se compliquer rapidement. Et venir ensuite surcharger les urgences.

Des forces au front

S’il confirme une diminution importante de fréquentation du cabinet (qu’il estime à 50% pour la semaine dernière), Jean-Luc Barbey explique que les tâches sont organisées différemment, avec davantage de consultations téléphoniques.

« J’ai la chance de travailler dans un cabinet de groupe, où nous avons pu nous organiser au mieux »

Eléonore Villet

Chaque cabinet fournit, comme il le peut, des forces pour le front: une partie des médecins généralistes se met au service de la permanence médicale au centre de Fribourg pour soutenir les urgences hors coronavirus ou alors s’engage dans la filière Covid-19. Ainsi, Jean-Luc Barbey qui travaille dans un cabinet de quatre médecins, prend en charge avec un de ses collègues l’ensemble des patients du cabinet. Alors que les deux autres médecins sont au front. Le but est de bien séparer la filière qui s’occupe des malades souffrant du Covid-19 et les autres. Tout comme son collègue, Eléonore Villet apprécie: «J’ai la chance de travailler dans un cabinet de groupe où nous avons pu nous organiser au mieux.»

Jean-Luc Barbey suggère également une attention particulière pour toutes les personnes souffrant de pathologies psychiques. Cette période de pandémie déjà anxiogène pour les personnes sans fragilité peut devenir difficile pour cette population. De manière plus générale, les médecins doivent faire face à deux comportements opposés: «On doit gérer d’un côté les anxiétés des personnes qui consultent très rapidement et, de l’autre, ne pas oublier celles qui auraient tendance à trop attendre avant de venir nous voir.»

Couverture vaccinale

Du côté des pédiatres, la situation est comparable. Les praticiens fribourgeois suivent les directives de la Société suisse de pédiatrie. «Les cabinets restent ouverts», explique Emmanuel Bloch, du cabinet La pédiatrie des Portes de Fribourg. «Au quotidien, nous avons moins de consultations, nous avons échelonné davantage les contrôles. Nous devons continuer à voir prioritairement les enfants en dessous de deux ans et les malades chroniques.»

L’idée est surtout d’éviter un trou dans la couverture vaccinale afin de ne pas se retrouver face à une épidémie liée à une autre maladie. La rougeole, par exemple, serait plus dangereuse pour les enfants. Et l’objectif de ne pas engorger les urgences reste le même que pour les adultes. Emmanuel Bloch constate également une différence dans la nature des pathologies prises en charge: «Avec ces mesures de distanciation sociale, on observe moins de consultations pour des infections virales telles que les gastro-entérites par exemple.»

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