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Les cliniques au service de l’HFR

Pour soulager l’HFR, l’Hôpital Daler prendra en charge la chirurgie d’urgence mineure. © Corinne Aeberhard-archives
Pour soulager l’HFR, l’Hôpital Daler prendra en charge la chirurgie d’urgence mineure. © Corinne Aeberhard-archives
Commandant de la Police cantonale fribourgeoise
Commandant de la Police cantonale fribourgeoise
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21.03.2020

Le dispositif sanitaire se prépare. La Clinique générale ferme, Daler monte en puissance

Magalie Goumaz

 

Nos journalistes sont mobilisés pour vous offrir une couverture de qualité et de service public sur l’épidémie de coronavirus. En raison de la situation sanitaire particulière et du fort intérêt pour cette thématique, «La Liberté» a décidé de vous offrir l’accès à cet article. Bonne lecture et merci de votre confiance.

Hôpitaux » Ils travaillent ensemble pour affronter le pic de l’épidémie de coronavirus. L’Hôpital Daler ainsi que la Clinique générale mettent leurs ressources humaines et en logistique à la disposition de l’Hôpital fribourgeois (HFR). L’annonce a été faite vendredi soir au cours d’une conférence de presse tenue en présence du Conseil d’Etat in corpore.

«L’HFR ne sera pas capable de gérer cette crise tout seul», a expliqué Ronald Vonlanthen, son directeur médical. Vendredi soir, vingt patients étaient hospitalisés à l’HFR, dont six aux soins intensifs. «On s’aperçoit que le nombre double tous les 3-4 jours», indique-t-il.

Le redéploiement de la structure hospitalière fribourgeoise est prévu en trois phases. Dès mardi prochain, la Permanence médicale de Fribourg, située à côté de la Clinique générale, sera ouverte 24 h/24. Une tente de triage permettra de séparer les cas suspects des autres. Pareil devant les urgences de l’HFR Tavel et de l’HFR Riaz, lesquelles recevront des renforts. La chirurgie d’urgence mineure sera prise en charge à l’Hôpital Daler.

Accouchements au Daler

Dans une deuxième phase, qui interviendra lorsque la situation l’exigera, toutes les prestations de la clinique de gynécologie et d’obstétrique de l’HFR Fribourg seront transférées à l’Hôpital Daler. Enfin, dans une troisième phase, ce sont les prestations de chirurgie générale et de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’HFR qui suivront le même chemin. «L’objectif est de désengorger les urgences de l’HFR Fribourg et de libérer de l’espace», explique Ronald Vonlanthen.

Directeur de l’Hôpital Daler, David Queloz assure que tous les partenaires «travaillent d’arrache-pied depuis plusieurs jours pour soutenir l’HFR». Il mentionne également l’esprit de solidarité qui règne entre le public et le privé pour prendre en charge les patients atteints du Covid-19 mais aussi tous les autres. Pour son établissement, cela signifie une hausse de 70% des accouchements. Le personnel de l’HFR complétera l’équipe sur place. Une deuxième nurserie et un deuxième local de soins et de surveillance pour les nouveau-nés seront installés. «Nous serons prêts», assure David Queloz.

La clinique ferme

Avec la décision prise la semaine dernière au niveau fédéral de déprogrammer les interventions non indispensables, la Clinique générale se vidait, par la force des choses. Elle sera fermée et son personnel redéployé dans les établissements qui en ont besoin. «Nous avons 21 cliniques dans 13 cantons. Nous avons plusieurs modèles de collaboration. Certains seront évolutifs mais à Fribourg, nous sommes complètement intégrés dans le dispositif», explique Raymond Loretan, président de Swiss Medical Network dont fait partie la Clinique générale.

Ce redéploiement permettra à l’HFR de monter en puissance. Actuellement, l’Hôpital fribourgeois dispose de 12 lits en soins intensifs. Ce nombre passera rapidement à 28, puis à 50. Le canton de Fribourg peut également compter sur les médecins installés, intégrés avec d’autres partenaires dans l’Organe de conduite sanitaire. Comme d’autres, le canton de Fribourg fait appel à l’armée et à la protection civile. La demande a été transmise jeudi et concerne les transports, la sécurité, du matériel, dont des tentes de triage. Sur le territoire fribourgeois, la protection civile dispose de 1000 personnes mobilisables. Près de 350 d’entre elles pourraient être appelées pour soutenir le système sanitaire dont les hôpitaux mais aussi les EMS.

Directeur de l’HFR, Marc Devaud a partagé vendredi son sentiment. «Actuellement, des lits se vident. Mais c’est comme un tsunami. La vague se retire, et on attend la suivante sans qu’on puisse connaître sa hauteur», lance-t-il. Ronald Vonlanthen utilise pour sa part un langage plus guerrier pour expliquer son état d’esprit. «Nous sommes comme des fusiliers qui vont être attaqués par un bataillon de chars. Alors nous renforçons nos troupes et préparons les fusils», déclare-t-il, avant de conclure: «A la fin, c’est le comportement de la population qui déterminera comment ça va finir pour nous.»


Trois questions à Philippe Allain

Pour tenter de contrer la propagation du coronavirus, le canton de Fribourg intensifie la lutte contre les regroupements de plus de cinq personnes. Quelle va être l’action de la police?

C’est un travail de police en matière de sécurité publique. Les patrouilles circulent et vont au contact de la population. En bonne intelligence. Si elles constatent qu’il y a des attroupements, elles vont demander d’y mettre un terme. Mais si elles perçoivent une forme de résistance, elles ont la possibilité d’infliger des amendes d’ordre de 100 à 250 francs. L’idée est d’agir de manière proportionnée.

Les citoyens ont-ils le droit d’effectuer un jogging ou une promenade en étant seuls?

La norme cantonale est claire: il s’agit d’éviter les regroupements, que ce soit d’enfants, de jeunes ou de personnes vulnérables, dans les lieux fréquentés en temps normaux. Les sorties individuelles – ou en tout petit groupe – peuvent être tolérées mais à la condition que les principes d’éloignement et d’hygiène soient respectés. Il faut impérativement éviter les comportements à risque.

Comment empêcher les réunions de plus de cinq personnes se déroulant dans un cadre privé, comme les fêtes d’anniversaire?

La police ne va pas être intrusive. Mais nous recevons déjà de nombreux appels de dénonciations. Des citoyens, désemparés, constatent que les normes ne sont pas toujours respectées dans le cadre privé. Nous allons donc intervenir en telles circonstances, là aussi selon le principe de proportionnalité. Ces mesures sont destinées à limiter le nombre de personnes gravement malades et une surcharge du système de santé.

François Mauron


Le casse-tête des enterrements

Les enterrements représentent une forme de manifestations particulièrement délicates à gérer dans le contexte des nouvelles mesures sanitaires suivies par le canton en raison de leur caractère émotionnel. «Ils peuvent accueillir un certain nombre de personnes, limité, dans le respect des normes d’hygiène en vigueur. Cela dépend donc de la configuration des lieux, soit de l’église, où se déroule la cérémonie», note le conseiller d’Etat Maurice Ropraz, responsable de la Direction de la sécurité et de la justice. FM

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