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Une formation à la baguette

La direction d’ensemble à vents est particulièrement développée à Fribourg. Un professeur et deux jeunes chefs expliquent leur point de vue sur la tendance

Arthur Favre conduit ici une répétition en tant qu’assistant directeur à la Gérinia de Marly. © Rémi Alt
Arthur Favre conduit ici une répétition en tant qu’assistant directeur à la Gérinia de Marly. © Rémi Alt

Rémi Alt

Publié le 24.10.2022

Temps de lecture estimé : 3 minutes

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Musique » Le conservatoire de Fribourg propose chaque année des cours de direction sous forme d’une formation de trois ans. Pour Yann Loosli, professeur de culture musicale dans ce cadre, un engouement émane de la jeunesse. «Je vois de plus en plus de jeunes qui démarrent, parfois directement après le CO», commence-t-il. «Ça pourrait s’expliquer par le fait que les jeunes ont des compétences musicales solides toujours plus tôt. Beaucoup prennent des cours au conservatoire et ont un bon niveau à l’instrument. Ils sont alors plus compétents et ont la curiosité pour rentrer dans la direction.»

Yannick Reynaud, 21 ans, étudie à la Haute Ecole de musique (HEMU) et fait parallèlement partie des élèves qui étudient le maniement de la baguette, notamment avec Yann Loosli. «Se retrouver une fois de l’autre côté de l’ensemble, ça m’a toujours tenté», avoue le trompettiste de formation. Le musicien d’Ependes est déjà le chef de deux sociétés de musique de jeunes dans le canton. «Il y a un grand travail à effectuer dans l’ombre, en amont. Le choix du répertoire, la compréhension des œuvres, c’est tout un bagage théorique à avoir. Il faut ensuite bien sûr travailler avec l’orchestre, mais aussi perfectionner le geste.» Selon lui, c’est surtout le fait que la région soit truffée d’ensembles de musique qui aide à piquer la curiosité chez les cadets.

Toucher l’humain

Agé de 22 ans, Arthur Favre est à la tête de la fanfare de Charmey. Il a fini le cursus de direction que propose le conservatoire et voit dans le rôle de directeur une composante sociale importante. «Il faut que les musiciens se passionnent pour ce qu’ils jouent. Je regarde leurs réactions, leur énergie dans leur façon de jouer… Le but n’est pas qu’ils travaillent toute la journée pour s’ennuyer le soir en répétition. C’est au chef d’orchestre de ressentir comment motiver ses instrumentistes», relève-t-il. «Il faut toujours donner à bouffer à tout le monde, que ce soit stimulant», expliquait justement plus tôt Yann Loosli.

Pour autant, il convient de ne pas négliger le caractère musical. C’est d’ailleurs sûrement de cette exigence qu’est issue cette effervescence juvénile autour de la direction, d’après Arthur Favre: «Bernstein savait diriger au-delà de la musique, il s’adressait à l’humain avec sa baguette. D’avoir des modèles au niveau international et des professeurs régionaux d’une telle qualité, je pense que c’est un facteur motivant.» Et Yann Loosli de rappeler: «Il faut que les jeunes continuent à se lancer. On voit des directeurs vieillir, la plupart des nouveaux ont les compétences et la personnalité pour les remplacer. Ça demande en revanche beaucoup d’envie et surtout d’énergie, mais le retour est très gratifiant. C’est vraiment beau de réussir à donner le sourire et du plaisir à des gens qui travaillent toute la journée et te confient leur soirée.»

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