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Donner un deuxième souffle

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Publié le 29.11.2021

Le don d’organe est un sujet sensible qui trouve peu d’écho auprès des jeunes. Pourtant, il est essentiel car il permet de créer de secondes vies

Amaëlle Steffen

Santé » A la suite de l’adoption du consentement présumé par le parlement en septembre, le don d’organe fait parler de lui. En effet, si l’on est arrivé à cette nouvelle loi, c’est parce que la Suisse manque cruellement d’organes. Face à cette pénurie, il devient nécessaire de sensibiliser la population au don et en particulier d’en parler avec la jeunesse, qui manque de renseignements concernant cette thématique. C’est pourquoi le Collège de Gambach a organisé un entretien avec Bertrand Kiefer, médecin et éthicien spécialiste de la question du don d’organes afin de faire réfléchir les jeunes sur ce sujet peu abordé.

Selon Bertrand Kiefer, membre de la commission d’éthique pour le consentement présumé, il y a deux grandes questions éthiques à se poser lorsqu’on parle du don d’organe: la première est la question de la solidarité, du fait de donner pour sauver des vies. Alors que la deuxième se concentre sur l’autonomie, le fait de posséder un droit absolu sur son corps. Le don d’organe est un marqueur du don de soi, de générosité. Comme nous l’a précisé Bertrand Kiefer, certaines personnes riches qui ont en marre d’attendre sur des listes interminables se rendent dans des pays pauvres: «Elles vont en Inde, au Brésil, pour se faire greffer des organes volés sur des jeunes, sur des gens qui ont été payés et qui deviennent de simple stock d’organes parce que nous n’en avons pas assez chez nous. Et ce scandale qui se passe dans l’angle mort de la société n’est absolument pas rare.»

«En suisse, on ne connaît pas l’identité du donneur mais je lui serai toujours reconnaissant pour ce don.»
Maxime

Une nouvelle vie

Un don d’organe peut changer la vie et c’est ce qu’a vécu Maxime, 25 ans, ayant reçu récemment un poumon. «Je souffre de mucoviscidose, une maladie incurable et dégénérative qui touche principalement les poumons. Vers mes 22 ans, mon état de santé est devenu très mauvais, j’avais des infections à répétition et beaucoup de peine à respirer. Ma capacité pulmonaire est descendue à 20%. Le seul fait de monter des escaliers était une épreuve pour moi tant j’étais essoufflé, je passais plus de temps à tousser qu’à parler. Je ne pouvais plus rien faire, alors est venue la discussion de la greffe comme ultime recours. Je me suis donc inscrit sur la liste d’attente et j’ai patienté environ neuf mois avant de me faire appeler, un soir. A peine arrivé à l’hôpital, on m’a directement pris en charge et l’opération a duré près d’une dizaine d’heures. Depuis, je revis. L’avant-après est époustouflant: tu sens que petit à petit tu respires normalement. En suisse, on ne connaît pas l’identité du donneur mais je lui serai toujours reconnaissant pour ce don. Dans ma nouvelle vie, j’ai dû faire quelques modifications. Je dois prendre des immunosuppresseurs (médicaments pour éviter les rejets des greffons, ndlr) et faire plus attention à l’hygiène et à ce que je mange, mais je sais que sans cette greffe je ne serais plus là.»

» www.swisstransplant.org

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