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Le Conseil fédéral se libère du fardeau

François Mauron, rédacteur en chef de «La Liberté» © Lib/Charly Rappo
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Publié le 04.12.2021

François Mauron, rédacteur en chef

Editorial » Gottéron a affronté vendredi soir Berne dans une patinoire Saint-Léonard pleine comme un œuf. Comme depuis le début de la saison, les spectateurs ont présenté leur pass Covid pour ensuite se déplacer librement dans l’enceinte et consommer à leur guise. Cette ère est désormais révolue. Avec les nouvelles directives édictées par le Conseil fédéral, 
le club devra décider lui-même s’il introduit la règle des 2G (guéris et vaccinés), excluant les personnes au bénéfice d’un seul test. En cas contraire, le masque sera à nouveau obligatoire et il faudra être assis pour boire une bière. Tous les organisateurs d’événements en intérieur et tous les établissements publics font désormais face à ce choix.

Par cette mesure, la plus forte annoncée vendredi, le gouvernement veut évidemment limiter les contaminations. Il accroît aussi la pression sur les personnes non vaccinées de façon à ce qu’elles franchissent le pas. Mais il se libère surtout de ce fardeau politique pour le faire peser sur les épaules d’entreprises privées qui, souvent, ont déjà payé un lourd tribut à la pandémie. En agissant de la sorte, le collège gouvernemental fuit ses responsabilités.

Les autorités fédérales sont de plus en plus engluées dans leur rhétorique

Il est vrai que les autorités fédérales sont de plus en plus engluées dans leur rhétorique. Au printemps dernier, le pass Covid était présenté comme la solution miracle qui 
permettrait un retour à une vie 
normale. Mais la réalité est autre, notamment parce que le vaccin, efficace, a un effet limité dans le temps. La Confédération a en outre tardé 
à planifier la troisième dose pour 
les plus de 65 ans, malgré les cris d’alarme des médecins. Il aurait été pourtant judicieux de protéger les seniors, qui, aujourd’hui, constituent la majorité des cas hospitalisés. En tergiversant, le Conseil fédéral a joué avec le feu. Car malgré le spectre d’une saturation des hôpitaux, la population suisse – qui a jusqu’à présent joué le jeu de ses autorités – est de moins en moins encline à accepter une privation 
de ses libertés.

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