La Liberté

Fernand Guerry, Montagny-la-Ville

Fernand Guerry, Montagny-la-Ville © Alain Wicht
Fernand Guerry, Montagny-la-Ville © Alain Wicht
Publié le 03.01.2022

Temps de lecture estimé : 2 minutes

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Le lecteur en Liberté

Meunier » Originaire des Friques, Fernand achève d’abord un apprentissage de meunier à Matran avant de suivre son école de recrues à Thoune. Ce fils d’agriculteur passe ensuite l’essentiel de sa vie dans la région avant d’intégrer l’année dernière l’EMS Les Fauvettes, où il s’illustre par une mémoire encyclopédique. Et du haut de ses 92 ans, ce fringant grand-papa aurait de quoi la rédiger, cette encyclopédie…

Fernand, je ne peux pas vous demander ce que vous regardiez à la télé quand vous étiez enfant…

C’est bien simple, il n’y en avait pas! Par contre on avait la radio, et je me souviens qu’on tremblait en entendant les avancées d’Hitler pendant la guerre… A l’époque, on accueillait aussi des petits Français, envoyés par la Croix-Rouge je crois, c’était des gentils gamins. A force, j’avais pris un peu l’accent français, à l’école on m’appelait le Parisien des Friques! (rires)

Et sinon, elle a quelle odeur, votre enfance?

Les bois. Gamins on passait notre temps dans la forêt, à construire des cabanes. Et celle du lac à Portalban.

J’ai entendu dire que vous étiez très sportif jadis, et plus particulièrement amateur de montagne…

J’ai fait tous les sommets fribourgeois mais je me souviens d’une fois en particulier, au Niremont, un jour de brouillard. Il y avait un jeune à qui je voulais montrer le Teysachaux, mais on n’y voyait rien… Soudain, le sommet s’est dégagé, c’était le seul découvert! Et j’ai commencé à pleurer. Je savais que je ne le ferais plus jamais, je n’avais plus le physique, et là de le voir une dernière fois… Je ne pouvais plus me ravoir! (rires)

Fernand, qu’est-ce qui, selon vous, était mieux avant?

La vie était plus simple et harmonieuse avant. Il faut penser que quand j’étais gamin, on n’avait même pas l’eau à la cuisine, ma maman devait aller la chercher à la fontaine avec six enfants à la maison! A présent, il manque un peu d’eau chaude et c’est la panique…

Et sinon, avec qui partageriez-vous un café schnaps?

Kennedy. C’est quand même le premier président catholique des Etats-Unis! Je ne suis pas un sensible, mais j’ai versé une petite larme quand il a été tué.

Vous êtes heureux aux Fauvettes?

Je me plais bien, oui, je fais tout ce que je peux pour rendre service en glissant par exemple un petit mot aux résidents qui n’ont pas toute leur tête, ça fait toujours du bien de recevoir un peu de gentillesse.

Votre mot de la fin?

Confiance. Ae

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