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Violences et vastes pillages, dont celui d'un entrepôt de l'ONU

Des violences marquent la capitale Port-au-Prince depuis plusieurs jours. © KEYSTONE/AP/Odelyn Joseph
Des violences marquent la capitale Port-au-Prince depuis plusieurs jours. © KEYSTONE/AP/Odelyn Joseph


Publié le 17.09.2022
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De nouvelles violences et des pillages ont éclaté vendredi dans différentes villes en Haïti, après la décision du gouvernement d'augmenter le prix du carburant. Des manifestants sont allés jusqu'à piller un entrepôt du Programme alimentaire mondial de l'ONU.

Cet entrepôt situé aux Gonaïves, la troisième ville du pays, contenait 1400 tonnes de nourriture. Il a été visé jeudi par les protestataires, tandis que la colère de la rue s'exprimait dans la capitale Port-au-Prince et diverses autres villes de province.

Dans un communiqué publié vendredi, le PAM a condamné l'attaque de son bureau et le pillage de son entrepôt aux Gonaïves, soulignant que ces vivres étaient destinés aux programmes de repas scolaires et aux familles et enfants les plus vulnérables d'Haïti, nation qui s'enfonce chaque jour davantage dans la crise.

"Cet incident est simplement inacceptable. La nourriture pillée devait permettre de nourrir près de 100'000 écoliers jusqu'à la fin de l'année", a déploré Jean-Martin Bauer, directeur du PAM en Haïti, cité par le communiqué.

Violences dans la capitale

Des scènes de pillage ont été constatées ailleurs aux Gonaïves et à Saint-Marc, deux villes principales du département de l'Artibonite. Selon le quotidien Le Nouvelliste, les locaux du Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), de plusieurs établissements scolaires congréganistes, d'une université publique et de plusieurs entreprises, ont été saccagés et pillés.

La capitale haïtienne a elle enregistré sa quatrième journée consécutive de violences. Depuis mardi, des protestataires ont attaqué des entreprises et des bâtiments hébergeant des institutions publiques. Jeudi, des protestataires ont attaqué et pillé les locaux de la Télévision nationale d'Haïti (TNH) et un bureau des Archives nationales. Plusieurs magasins, boutiques et autres entreprises ont également été pillés et incendiés.

Entre mercredi et jeudi, les résidences de deux proches du gouvernement, l'avocat André Michel et l'ancienne sénatrice Edmonde Beauzile, ont été saccagées et pillées. La résidence de Ricard Pierre, ministre de la Planification et de la coopération externe du gouvernement, a été également attaquée. Un communiqué publié par André Michel, l'une de ces victimes, a confirmé ces trois attaques.

Ambassade suisse toujours ouverte

Dans un message publié vendredi, le secrétaire général de l'ONU s'est dit "préoccupé par la situation en Haïti", par la voix de son porte-parole. Antonio Guterres a appelé au calme et à la plus grande retenue, en exhortant "toutes les parties prenantes à prendre des mesures immédiates pour désamorcer la situation, éviter la violence et permettre à la police nationale d'Haïti de remplir son mandat de protéger la population", selon ce communiqué.

Ces derniers jours, plusieurs pays ont annoncé la fermeture temporaire de leurs ambassades en raison des manifestations en Haïti. Berne a annoncé vendredi maintenir pour l'heure sa représentation à Port-au-Prince.

Les jours de l'ambassade de Suisse en Haïti sont cependant comptés. Dans le cadre de sa politique de désengagement de la DDC en Amérique latine et dans les Caraïbes pour fin 2024, la Suisse va fermer son ambassade et transformer le programme de développement en un programme humanitaire. En raison de la détérioration de la situation sécuritaire, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) va accélérer le processus de transformation, a indiqué son porte-parole.

ats, afp

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