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Situation périlleuse pour M. Macron, sans majorité absolue

Plusieurs ministres d'Emmanuel Macron n'ont pas été élus. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Plusieurs ministres d'Emmanuel Macron n'ont pas été élus. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Plusieurs ministres d'Emmanuel Macron n'ont pas été élus. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Plusieurs ministres d'Emmanuel Macron n'ont pas été élus. © KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON
Les prochains jours s'annoncent agités pour le président français Emmanuel Macron. Il va devoir manoeuvrer sur le front intérieur, avec un remaniement de son gouvernement. Plusieurs de ses ministres n'ont pas été élus dimanche aux législatives. (archives) © KEYSTONE/EPA/MICHEL EULER / POOL
Les prochains jours s'annoncent agités pour le président français Emmanuel Macron. Il va devoir manoeuvrer sur le front intérieur, avec un remaniement de son gouvernement. Plusieurs de ses ministres n'ont pas été élus dimanche aux législatives. (archives) © KEYSTONE/EPA/MICHEL EULER / POOL
Les prochains jours s'annoncent agités pour le président français Emmanuel Macron. Il va devoir manoeuvrer sur le front intérieur, avec un remaniement de son gouvernement. Plusieurs de ses ministres n'ont pas été élus dimanche aux législatives. (archives) © KEYSTONE/EPA/MICHEL EULER / POOL
Les prochains jours s'annoncent agités pour le président français Emmanuel Macron. Il va devoir manoeuvrer sur le front intérieur, avec un remaniement de son gouvernement. Plusieurs de ses ministres n'ont pas été élus dimanche aux législatives. (archives) © KEYSTONE/EPA/MICHEL EULER / POOL


Publié le 20.06.2022
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Le président français Emmanuel Macron se retrouvait lundi privé de majorité absolue à l'Assemblée nationale, un revers qui ouvre une période d'instabilité et de délicates négociations politiques.

M. Macron, réélu en avril, a reçu à déjeuner au palais présidentiel la Première ministre Elisabeth Borne, nommée à la mi-mai, et les dirigeants de sa coalition, son ex-Premier ministre Edouard Philippe et son ancien ministre François Bayrou, pour examiner les conséquences de la perte par son camp de la majorité absolue aux élections législatives dimanche, a appris l'AFP dans leur entourage.

La coalition centriste libérale, qui s'est appuyée pendant le premier mandat de cinq ans d'Emmanuel Macron sur une confortable majorité absolue à la chambre des députés, ne conserve que 245 sièges sur 577, loin de la majorité absolue de 289.

Le reste de l'hémicycle se répartit principalement entre la droite radicale de Marine Le Pen, adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle d'avril, qui réalise une percée inédite avec 89 députés, la gauche unie à l'initiative de son tribun Jean-Luc Mélenchon (131 députés), et la droite classique.

Celle-ci se retrouve en position d'arbitre avec une soixantaine de députés, auxquels le camp présidentiel a immédiatement tendu la main.

Nouvelle constellation

"On nous trouvera toujours pour essayer d'embarquer avec nous, de convaincre surtout, les modérés qui sont présents dans ce Parlement, de nous suivre", a déclaré lundi la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire.

Concrètement, la coalition d'Emmanuel Macron devra soit conclure un accord de gouvernement avec d'autres partis, un scénario classique en Allemagne mais inusité en France, soit négocier ponctuellement sur chaque texte de loi pour combler les 44 sièges qui lui manquent pour atteindre la majorité absolue.

Cette configuration replace le Parlement au centre du jeu politique, une première sous la Ve République, un régime présidentiel créé en 1958 justement pour éviter l'instabilité du régime parlementaire antérieur.

"On n'est pas là pour bloquer mais on n'est pas à vendre", a affirmé le président de la région des Hauts-de-France (nord) Xavier Bertrand lors d'une réunion du parti de droite Les Républicains (LR), dont la direction a dit vouloir rester dans l'opposition.

Divergences à gauche

A gauche aussi, les manoeuvres ont commencé. Le leader de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon a proposé aux partis socialiste, communiste et écologiste de créer un seul groupe à l'Assemblée, contrairement à ce qui était prévu dans leur alliance électorale sous la bannière de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes). Ses alliés lui ont opposé une fin de non-recevoir.

La coalition de gauche et le Rassemblement national (RN) de Mme Le Pen se disputent par ailleurs la stratégique présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, dévolue depuis 2007 au premier groupe d'opposition.

Dans le même temps, les premiers députés ont commencé à arriver au Palais Bourbon, siège de l'Assemblée sur les bords de la Seine, avant de commencer officiellement leur mandat de cinq ans mercredi.

Remaniement en vue

Cour d'honneur ouverte, huissiers en rang d'oignon: ils sont venus "offensifs", "fiers" ou inquiets face aux résultats des législatives.

A quelques centaines de mètres de là, à l'Elysée, M. Macron doit décider qui conduira le gouvernement chargé de ferrailler avec le Parlement.

Formé le 20 mai, l'exécutif devrait au minimum être sérieusement remanié, en raison notamment de la défaite électorale de trois de ses membres, dont les ministres de la Transition écologique et de la Santé.

M. Macron ne bénéficie pas d'une cote de popularité très élevée (56% des Français ne pensaient pas qu'il était un bon chef de l'Etat, selon un sondage Odoxa du 31 mai) après un premier quinquennat marqué par des épisodes clivants, comme le mouvement populaire des "gilets jaunes" en 2018-2019 et un contexte international tendu qui pèse sur la vie des Français avec une inflation élevée.

La candidate de droite (LR) à la présidentielle, Valérie Pécresse, a appelé M. Macron à "changer de ligne politique, changer de Premier ministre et de gouvernement", pour "tenir compte du résultat de ces élections".

La Première ministre Elisabeth Borne "est trop affaiblie pour pouvoir rester à Matignon, a également estimé Louis Aliot, le vice-président du RN.

Même avis de Manuel Bompard, un des lieutenants de M. Mélenchon, qui a jugé que "le gouvernement tel qu'il a été constitué par Emmanuel Macron ne peut continuer à gouverner comme si de rien n'était".

ats, afp

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