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La Corée du Nord lance un "missile balistique"

Le projectile lancé par Pyongyang ressemble "à un missile balistique", selon les gardes-côtes japonais (archives). © KEYSTONE/EPA/JEON HEON-KYUN
Le projectile lancé par Pyongyang ressemble "à un missile balistique", selon les gardes-côtes japonais (archives). © KEYSTONE/EPA/JEON HEON-KYUN
Selon la Corée du Sud, Pyongyang a tiré un missile balistique. © KEYSTONE/AP/Ahn Young-joon
Selon la Corée du Sud, Pyongyang a tiré un missile balistique. © KEYSTONE/AP/Ahn Young-joon


Publié le 11.01.2022
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La Corée du Nord a lancé mardi un "missile balistique présumé" vers la mer, moins d'une semaine après avoir assuré avoir testé un missile hypersonique. L'engin a été tiré au moment d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'essai de la semaine dernière.

Le projectile a été lancé en direction de la mer du Japon à 07h27 (23h27 lundi en Suisse), ont indiqué les chefs d'état-major interarmées de la Corée du Sud. Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, a confirmé qu'"un objet qui pourrait être un missile balistique" a été tiré par la Corée du Nord.

Aucun dommage n'a été signalé dans l'immédiat au matériel militaire japonais, selon le porte-parole du gouvernement japonais. "On estime que [le missile, ndlr] a parcouru environ 700 kilomètres et a atterri à l'extérieur de la zone économique exclusive du Japon", a-t-il ajouté.

Quelques heures avant le tir, six pays, dont les Etats-Unis et le Japon, avaient exhorté Pyongyang à cesser ses "actions déstabilisatrices" en amont d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

La France, le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Albanie se sont joints à l'appel "à s'abstenir de toute nouvelle action déstabilisatrice [...] et à engager un dialogue constructif vers notre objectif commun de dénucléarisation complète". "Il est profondément regrettable que la Corée du Nord continue à lancer des missiles", a déclaré M. Kishida à des journalistes.

Motivations politiques

Selon des experts, Pyongyang pourrait avoir fait coïncider à dessein son tir avec la réunion onusienne. "Le lancement a des motivations politiques et militaires", a expliqué à l'AFP Shin Beom-chul, chercheur à l'institut coréen de recherches sur la stratégie nationale.

"La Corée du Nord poursuit ses essais pour diversifier son arsenal nucléaire, mais elle a planifié le tir le jour de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour maximiser son impact politique", a-t-il ajouté.

Selon Park Won-gon, professeur à l'université pour femmes Ewha de Séoul, la fréquence des essais indique que Pyongyang pourrait procéder à des lancements avant les jeux Olympiques de Pékin le mois prochain.

La Corée du Nord a été interdite de participation aux JO d'hiver par le Comité international olympique (CIO) après avoir refusé de participer aux JO d'été de Tokyo en 2021 pour cause de pandémie due au coronavirus.

Depuis l'accession au pouvoir de Kim Jong-un, il y a dix ans, Pyongyang a réalisé de rapides progrès en matière de technologie militaire, au prix de sanctions internationales. Malgré une situation économique encore aggravée par la pandémie, M. Kim a assuré en décembre qu'il poursuivrait le renforcement de son arsenal militaire.

Appel à des pourparlers

En 2021, la Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, a assuré avoir testé avec succès un nouveau type de missile mer-sol balistique (SLBM), un missile de croisière de longue portée, une pièce d'armement lancée depuis un train et ce qu'elle a décrit comme une ogive hypersonique.

La Corée du Sud doute de la capacité de Pyongyang à lancer des missiles hypersoniques, affirmant que le tir de la semaine dernière ne constitue pas une avancée majeure par rapport aux précédents missiles balistiques.

L'essai de mardi intervient alors que Pyongyang a refusé de répondre aux appels américains à des pourparlers. Le dialogue entre Pyongyang et Washington demeure dans l'impasse après l'échec des pourparlers entre Kim Jong-un et le président américain d'alors Donald Trump, en 2019.

Le gouvernement du successeur de M. Trump, Joe Biden, a affiché à plusieurs reprises sa volonté de rencontrer des émissaires nord-coréens et de viser la dénucléarisation. Mais Pyongyang a rejeté l'offre, accusant les Etats-Unis de mener des politiques "hostiles".

La Corée du Nord fait l'objet de plusieurs séries de sanctions internationales pour ses programmes d'armement interdits. La pression sur son économie déjà en grande difficulté a été renforcée par la stricte fermeture des frontières ordonnée pour lutter contre le coronavirus.

ats, afp

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