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La Chine promet la tolérance zéro pour les "séparatistes" taïwanais

L'armée taïwanaise a mené ses propres exercices mardi afin de s'entraîner à l'attaque de l'île, un scenario que Pékin n'exclut pas "en dernier recours". © KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO
L'armée taïwanaise a mené ses propres exercices mardi afin de s'entraîner à l'attaque de l'île, un scenario que Pékin n'exclut pas "en dernier recours". © KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO
L'armée taïwanaise a mené ses propres exercices mardi afin de s'entraîner à l'attaque de l'île, un scenario que Pékin n'exclut pas "en dernier recours". © KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO
L'armée taïwanaise a mené ses propres exercices mardi afin de s'entraîner à l'attaque de l'île, un scenario que Pékin n'exclut pas "en dernier recours". © KEYSTONE/EPA/RITCHIE B. TONGO


Publié le 10.08.2022
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La Chine a promis mercredi de ne laisser "aucune marge de manoeuvre" aux partisans d'une indépendance de Taïwan. Elle a souligné que "l'usage de la force" pour reconquérir l'île restait sur la table "en dernier recours".

Ce nouvel avertissement intervient après de vastes exercices militaires chinois effectués ces derniers jours autour de l'île, en réplique à la visite à Taipei de la présidente de la Chambre américaine des représentants Nancy Pelosi. Ce voyage a été perçu perçue par la Chine comme une provocation, Washington s'étant engagé à n'avoir aucune relation officielle avec le territoire.

Le Bureau des affaires de Taïwan, un organisme du gouvernement chinois, a publié mercredi un "livre blanc" détaillant la manière dont Pékin envisage de reprendre possession de l'île, notamment via des incitations économiques.

"Nous sommes disposés à créer un vaste espace (de coopération) afin de parvenir à une réunification pacifique", indique le document, en forme de main tendue aux autorités taïwanaises. "Mais nous ne laisserons aucune marge de manoeuvre aux actions séparatistes ayant pour objectif une pseudo-indépendance de Taïwan, et cela, sous quelque forme que ce soit."

"Lignes rouges"

Pékin estime que Taïwan est l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949).

"Nous ne nous engageons pas à renoncer à l'usage de la force", souligne le livre blanc de Pékin, le premier sur ce thème depuis 2000, avant de nuancer son propos.

"La force serait utilisée en dernier recours, dans le cas de circonstances impérieuses. Nous serions contraints de prendre des mesures drastiques face aux provocations des séparatistes ou de forces extérieures, si ceux-ci venaient à franchir nos lignes rouges."

Prospérité économique

Le livre blanc fait également miroiter la prospérité économique après la "réunification". La Chine propose ainsi de renforcer les liens culturels, en matière de sécurité sociale, de santé ou encore de promouvoir une meilleure "intégration" économique via notamment des "politiques préférentielles".

"Avec une patrie forte sur laquelle s'appuyer, les compatriotes taïwanais seront plus forts, plus confiants, plus en sécurité et seront davantage respectés sur la scène internationale", promet le texte.

A partir des années 1980, le régime politique à Taïwan, jadis très autoritaire, a évolué vers la démocratie. Les jeunes de Taïwan, notamment ces dernières années, commencent à développer une identité différente de celle de la Chine continentale. Un phénomène encouragé par le Parti démocratique progressiste (PDP, pro-indépendance) de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, arrivée au pouvoir en 2016.

Contrairement au gouvernement précédent, Mme Tsai refuse de considérer que Taïwan et la Chine continentale font partie d'une "Chine unique". Une position qui a fortement tendu les relations avec Pékin.

Opposant en visite en Chine

Malgré le contexte tendu de ces derniers jours, un homme politique taïwanais d'opposition, Andrew Hsia Li-yan, s'est rendu mercredi en Chine continentale. Il y rencontrera, à l'issue d'une quarantaine, des entrepreneurs et étudiants de l'île.

Haut diplomate, ex-patron de l'organisme taïwanais chargé des questions relatives à la Chine continentale, M. Hsia est vice-président du Kuomintang (KMT), l'autre grand parti taïwanais, qui est anti-indépendance et partisan de relations pragmatiques avec Pékin.

"Non seulement le moment est mal choisi" mais "en plus c'est une offense faite à notre armée qui ne ménage pas ses efforts afin de protéger notre pays", a dénoncé sur Facebook le parti présidentiel taïwanais.

Exercices militaires

L'armée communiste de Pékin a conduit ces derniers jours ses plus importants exercices militaires jamais organisés autour de Taïwan, s'entraînant notamment à un blocus de l'île.

Ces manoeuvres devaient se terminer dimanche, mais se sont poursuivies cette semaine. L'armée chinoise a finalement annoncé mercredi que "l'ensemble des tâches ont été menées à bien", signalant leur conclusion.

L'armée taïwanaise avait mené ses propres exercices mardi, pour s'entraîner à répliquer à une attaque chinoise sur l'île.

ats, afp

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