La Liberté

17.02.2020

Une plainte pénale contre Charles Morerod

L'Évêque du Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a-t-il entravé l'action de la justice? © Alain Wicht / «La Liberté» (archives)
L'Évêque du Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a-t-il entravé l'action de la justice? © Alain Wicht / «La Liberté» (archives)

PC

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L’Association suisse des libres penseurs annonce qu’elle déposera une dénonciation pénale contre Charles Morerod, ce mercredi à Fribourg. Elle estime que l’évêque «a entravé l’action de la justice dans une affaire d'abus sexuels.»

«Nous estimons que l’évêque du Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a entravé l’action de la justice dans une affaire d’abus sexuel», explique le vice-président du mouvement, Valentin Abgottspon, confirmant une information de la SonntagsZeitung.

Critique envers les religions, promouvant une «pensée laïque et humaniste», l’association réagit à l’affaire Paul Frochaux, du nom du curé de la cathédrale de Fribourg. Visé par la plainte de harcèlement sexuel d’un confrère, le prêtre est aussi soupçonné d’avoir eu une relation avec un jeune de dix-sept ans dans un chalet de Torgon, en 1998. Il a été suspendu de ses fonctions par l’Evêché.

» A lire aussi: «Les incohérences de Mgr Morerod»

Alors qu’une enquête de police est en cours, ainsi qu’une enquête canonique, l’Evêché a annoncé avoir ouvert également une enquête interne sur d’éventuelles pertes et dissimulations de documents. Un procès-verbal lacunaire, faisant état d’une rencontre entre Paul Frochaux et sa présumée victime en 2001, a été retrouvé dans des circonstances énigmatiques.

«L’Eglise se comporte comme un Etat dans l’Etat»

«Il y a de bonnes raisons de penser que la hiérarchie catholique était au courant de certaines choses sur ce prêtre, même s’il reste présumé innocent. L’Evêché agit visiblement sur la pression des médias et nous ne pouvons pas tolérer que l’Eglise se comporte comme un Etat dans l’Etat», souligne Valentin Abgottspon.

Cet ancien enseignant, aujourd’hui établi à Lyss (BE), avait fait parler de lui il y a dix ans. Il avait refusé d’accrocher un crucifix au mur de sa classe, à l’école de Stalden (VS), provoquant l’ire de la direction et de certains parents d’élèves. Il avait été licencié avec effet immédiat.

Le Tribunal cantonal valaisan lui avait donné raison en 2015, estimant la sanction abusive. Considérée comme le plus grand mouvement «laïciste» du pays, l’Association suisse des libres penseurs dénombrait 1700 membres actifs en 2017.

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