La Liberté

05.05.2020

Il faudra décliner son identité au restaurant

Les restaurateurs savent déjà qu'ils devront renoncer à certaines de leurs tables pour laisser suffisamment d'espace entre les clients. © Alain Wicht
Les restaurateurs savent déjà qu'ils devront renoncer à certaines de leurs tables pour laisser suffisamment d'espace entre les clients. © Alain Wicht

Jérémy Rico

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Les autorités fribourgeois ont présenté les modalités de réouverture des établissements publics à partir du 11 mai. Seules les discothèques et les établissements liés à une activité encore interdite devront rester fermées.

Les autorités cantonales ont précisé cet après-midi les modalités de réouverture des établissements publics dès le 11 mai. Bars, restaurants, discothèques, tea-rooms: le conseiller d’Etat Maurice Ropraz a d’abord souligné le rôle de ces établissements, qui sont à la fois des lieux de vie sociale pour les Fribourgeois et une branche importante de l’économie cantonale avec un chiffre d’affaires de 800 millions de francs par année et près de 12’000 employés. Le Conseiller d’Etat à la tête de la Direction de la sécurité et de la justice a ensuite présenté l’interprétation cantonale des directives édictées par le Conseil fédéral mercredi passé. Une «interprétation plutôt libérale de cette ouverture», a précisé le Gruérien. 

Ainsi, tous les établissements publics, restaurants, bars, tea-rooms, pubs et autres buvettes pourront ouvrir lundi, terrasses comprises. Seule exception majeure: les établissements qui bénéficient de patentes D, soit les discothèques. Ces établissements représentent « un risque » de propagation du virus trop important aux yeux du Conseiller d’Etat. Autre exception: les établissements au bénéfice d’une patente spéciale H ne pourront rouvrir qu’à condition que l’activité à laquelle ils sont liés puisse également reprendre. Exemple: une buvette de piscine dotée d’une telle patente ne pourra rouvrir qu’à condition que la piscine en question soit ouverte.

Nom et prénom avant de consommer

Cette autorisation d’ouverture est évidemment soumise au respect de toutes les mesures décidées par le Conseil fédéral. Celles-ci ont été consignées et précisées dans un document commun élaboré par les faîtières de l’hôtellerie, de la restauration et des services de restauration collective. Présidente de GastroFribourg, Muriel Hauser a ainsi détaillé les principales lignes de ce document face à la presse.

Comme demandé par le Conseil fédéral, ces établissements ne pourront accueillir que des groupes de quatre personnes maximum, à l’exception des familles plus nombreuses. Les clients devront obligatoirement être assis pour consommer et une distance de deux mètres devra être respectée entre les tables. En cas d’installation d’une séparation permettant d’éviter la propagation des gouttelettes, cette distance minimale n’est toutefois plus obligatoire. Parmi les autres mesures du plan de protection de la branche figurent notamment l’obligation pour les clients de donner leur nom, prénom et numéro de téléphone avant de s’installer à table. Chaque établissement devra ensuite conserver ces données durant 14 jours avant de les détruire. Objectif: permettre un traçage en cas de contamination. Un concept de nettoyage régulier des mains - pour les employés comme pour les clients - a également été imaginé. Le port d’un masque ou d’une visière de protection par les employés est recommandé mais pas obligatoire, lorsque la distance de deux mètres ne peut pas être respectée durant une période prolongée. Les faîtières de la branche précisent également que les personnes à risque ne doivent pas être employées dans le service à la clientèle.

Face à de telles conditions, les restaurants prendront-ils la décision d’ouvrir lundi? Difficile à dire, selon Muriel Hauser. Une chose reste encore à définir: les restaurateurs qui décideraient que le jeu n’en vaut pas la chandelle auront-ils le droit de continuer à recourir aux réductions des horaires de travail? A cette question de notre journaliste Marc-Roland Zoellig, Muriel Hauser s’est montrée plutôt inquiète: «Nous sommes en bras de fer avec Guy Parmelin à ce sujet. Ce n’est actuellement pas garanti. Si ce n’est pas le cas, nous assisterons à des suicides financiers. La Confédération commettrait presque un meurtre!»

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